Saumon : la situation au 24/07

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Saumon : perspectives et avenir ?

Amis pêcheurs,

Pour apporter des précisions à tous, nous souhaitons vous informer que la commission « poissons migrateurs » de la Fédération de pêche s’est réunie le 06 août 2020 afin de soumettre à son Conseil d’Administration des propositions pour lesquelles nous avions déjà débattu en 2019.  Cette réunion a permis de délivrer également des informations sur le rôle d’animateur joué par la Fédération dans le cadre des échanges avec la pêche professionnelle et notamment le projet d’indemnisation de la relève des filets des marins pêcheurs estuariens et de leur engagement. Lors de cette réunion nous avons expliqué que cet engagement d’indemnisation concernerait 17 marins pêcheurs estuariens et non la totalité des pêcheurs de l’Adour comme certains le croient.

La commission « poissons migrateurs » de la Fédération de pêche n’est normalement constituée que d’Administrateurs, mais comme nous l’autorise l’article 16* des statuts, nous avons souhaité élargir le débat avec des AAPPMA concernées, des acteurs importants et guide de pêche pour le suivi de cette activité.

Des votes ont eu lieu pour savoir si lors de la réunion tout le monde était d’accord sur le principe de base. À savoir : le développement des populations de poissons migrateurs. Celui-ci va de pair avec le développement de l’halieutisme. Si nous n’avions pas été d’accord avec ce principe les discussions n’auraient pas lieu d’être.

Comme vous le savez nous sommes soumis à des obligations en tant qu’AAPPMA ou FDAAPPMA en faveur de la protection des milieux aquatiques et bien sûr des espèces qui les peuplent. Le travail de cette commission est de traiter les informations pour ensuite avoir une position claire pour la gestion des poissons migrateurs lors des séances du COGEPOMI. C’est pour cette raison que la commission migrateurs se réunit afin de définir l’axe de gestion.

Certains pêcheurs ne voient que leur propre intérêt de capture immédiate avant le collègue, d’autres ne s’intéressent qu’à l’action de pêche, ou à la photo de la prise, ou d’autres encore voient le saumon uniquement comme une source de protéines… Vous l’aurez compris, il y a autant d’avis et de comportements que nous avons de pêcheurs. Seulement, en ce qui concerne les poissons migrateurs la FDAAPPMA 64 ne fait que proposer des choses car c’est bien le COGEPOMI Adour qui décide sous la présidence du Préfet de Région Nouvelle Aquitaine et dans lequel la FDAAPPMA 64 ne possède qu’une seule voix. La difficulté c’est que certains pêcheurs ne s’intéressent qu’à leur intérêt personnel et à la quantité de saumons qui remontent et qu’ils peuvent capturer et non aux autres phases de sa vie pour lesquelles nous avons la chance d’avoir des données importantes, même si l’inconnue de la survie en mer persiste. Et croyez-nous, elles sont vraiment importantes. La preuve, lors de la présentation des résultats des pêches électriques de 2018 pour déterminer la production de juvéniles, il a été mis en évidence que le recrutement de cette année-là était catastrophique.

En effet, pour une production moyenne d’environ 265 000 juvéniles entre 2001 et 2017, seulement 34 000 juvéniles ont été produits en 2018 ce qui est la plus mauvaise année depuis que les suivis sont réalisés. Bien sûr les conditions de milieu sont certainement la cause de cette chute vertigineuse de production de jeunes saumons et les perturbations climatiques actuelles en sont bien la preuve. Imaginons que d’autres perturbations nous font observer d’autres baisses de production. Comment ne pas prendre des mesures de protection quand on connaît ces données (presque 8 fois moins) qui ont d’ailleurs été transmises aux pêcheurs lors des réunions spécifiques « saumon » que la FDAAPPMA 64 a organisé il y a 2 ou 3 ans. Comment rester encore dans ce rapport de force avec la pêche professionnelle sans considérer cette énorme difficulté pour cette espèce ?

Notre rôle de gestionnaire et de protection du milieu aquatique pour l’intérêt général prend tout son sens et ce serait une erreur de choix si nous maintenions nos prélèvements à un même niveau et nous ne serions alors pas en phase avec la législation.

Une question se pose, devons-nous d’abord défendre le pêcheur, peu importe sa vision de la pêche, ou bien le milieu aquatique et les espèces qui le peuplent ? Ce dont nous sommes certains c’est que sans poissons, il n’y a pas de pêcheurs.

Un autre point important mis en évidence lors de ces réunions avec les pêcheurs est la proportion des prélèvements réalisés sur les saumons PHM (Plusieurs Hivers de Mer). Pas moins de 90% des saumons capturés à la ligne sont effectivement des PHM mais malheureusement ils représentent le capital génétique pour faire perdurer cette espèce avec un pouvoir de production important. Devons-nous continuer à prélever cette catégorie de poissons dans les mêmes proportions ?

Nous avons également entendu : « de toute façon dans 15 ans il n’y a plus de saumons, autant les capturer tant que c’est possible !!! ». Invraisemblable ! Comment en 2020 peut-on entendre ce discours fataliste qui inhibe toutes les actions de protection que nous avons mises en place depuis tant d’années avec l’aide des services de l’Etat et l’appui des élus, pour faire perdurer cette activité de pêche emblématique pour tous les pêcheurs des gaves pyrénéens.

En ce qui concerne la grande alose, vous aurez certainement noté que son statut de protection a changé depuis avril 2019 (UICN) et qu’elle est désormais en danger critique d’extinction tout comme l’esturgeon européen disparu du bassin de l’Adour depuis 1991. Doit-on poursuivre les prélèvements sur cette espèce parce que la pêche professionnelle est active sur ce poisson ? Quels arguments avons-nous pour justifier nos prélèvements sur cette espèce ? Nous avons donc décidé de proposer d’interdire les prélèvements sur cette espèce, mais pas sa pêche. En revanche, cette mesure nous permet de nous positionner pour la protection de la population de grande alose conformément à l’article 7 -a8 *** de nos statuts.

C’est pour toutes ces raisons que nous avons souhaité travailler sur des mesures importantes pour permettre à la pêche à la ligne d’être durable ce qui nous semble être en totale cohérence avec les articles 6**et 7*** de nos statuts. L’objectif est bien de permettre à tous de poursuivre l’activité pêche au saumon et cela passe obligatoirement par des phases de restriction en changeant les pratiques actuelles et les bonnes vieilles habitudes en total décalage avec l’actualité. Avec ces quelques lignes, nous espérons avoir apporté les réponses aux différentes interrogations et vous pouvez compter sur nous et notre engagement, ainsi que sur toutes les personnes qui travaillent bénévolement ou non à cette commission pour aller dans le sens de la protection du milieu aquatique pour favoriser la pratique de la pêche quelle que soit la technique.


*Article 16
Le conseil d’administration peut s’adjoindre, à titre consultatif, des commissions de travail et des conseillers juridiques, scientifiques et techniques.

**Article 6
La fédération a pour objet :
― le développement durable de la pêche amateur, la mise en œuvre d’actions de promotion du loisir-pêche par toutes mesures adaptées, en cohérence avec les orientations nationales ;
― la protection des milieux aquatiques, la mise en valeur et la surveillance du domaine piscicole départemental

***Art 7
a8° De concourir à la police de la pêche et de veiller à la protection du patrimoine piscicole et des milieux aquatiques, en particulier en participant à la répression du braconnage, à la lutte contre la pollution des eaux et la destruction des zones essentielles à la vie du poisson, et en œuvrant en faveur du maintien dans les cours d’eau de débits garantissant la vie aquatique et la libre circulation des espèces piscicoles

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